Avec 5,9 GW de nouvelles capacités raccordées en 2025, la France vient de battre son record annuel d’installations photovoltaïques, soit une progression de 25 % par rapport à 2024. Pourtant, derrière cette dynamique globale, le tableau est plus nuancé : le solaire résidentiel recule, pendant que les projets de taille intermédiaire portés par les entreprises, les agriculteurs et les collectivités tirent la croissance vers le haut.
Un marché porté par les acteurs professionnels
Le parc photovoltaïque français atteignait 25,3 GWc fin 2024. Au premier trimestre 2026, le rythme se maintient avec 1 418 MW raccordés, un niveau quasiment identique à celui du même trimestre un an plus tôt. C’est du côté des industriels, des coopératives et des collectivités que les projets se multiplient, notamment grâce aux obligations réglementaires issues de la loi APER : ombrières photovoltaïques obligatoires sur les parkings extérieurs de plus de 1 500 m², taux de couverture des toitures industrielles appelés à atteindre 50 % dès 2027. Ce qui s’apparentait à une contrainte devient souvent un levier économique concret, en réduisant la facture énergétique sur le long terme.
Des opérateurs spécialisés accompagnent ces transitions. C’est le cas de photosol.fr, pionnier du photovoltaïque en France depuis 2008, qui intervient sur les toitures industrielles, les ombrières de parking, les installations au sol et les projets agrivoltaïques. Le groupe, intégré à Rubis depuis 2022, revendique 1,4 GWc en exploitation, construction ou prêts à construire, et 312 collaborateurs répartis dans plusieurs agences régionales.
L’agrivoltaïsme, une voie à part entière pour les exploitants agricoles
L’agrivoltaïsme consiste à combiner une production d’électricité solaire et une activité agricole sur les mêmes parcelles. Le principe n’est pas nouveau : Photosol a mis en service son premier site pilote à Marmanhac, dans le Cantal, dès 2013, en partenariat avec l’INRAE. Depuis, le modèle a gagné en maturité et en cadre légal.
Le décret d’application de la loi APER, publié en 2025, fixe des règles précises : la surface couverte ne peut dépasser 40 % pour les cultures (60 % pour l’élevage), le rendement agricole doit être maintenu à au moins 90 % de la référence, et la réversibilité des installations est obligatoire. Pour les agriculteurs, les loyers estimés oscillent entre 2 000 et 5 000 euros par hectare et par an, sans remettre en cause l’activité principale. Des structures adaptées permettent le passage des engins agricoles sous les panneaux, et les zones ombragées bénéficient aussi bien au bétail qu’à certaines cultures sensibles à la chaleur.
Ce qui change en 2026 pour les particuliers
Du côté du résidentiel, l’environnement s’est durci. La prime à l’autoconsommation, longtemps pilier du financement des petites installations, a pris fin pour les demandes déposées à partir du 5 juin 2026. Le recul est visible dans les chiffres : 929 MW raccordés dans le résidentiel en 2025, contre 1 080 MW en 2024. Les artisans spécialisés dans les petites installations absorbent de plein fouet ces changements réglementaires.
MaPrimeRénov’ ne finance pas les panneaux photovoltaïques classiques (seuls les panneaux hybrides y sont éligibles). Les aides restantes passent par d’autres dispositifs, à condition de recourir à un professionnel certifié RGE. L’ADEME, de son côté, rappelle que le potentiel des toitures et surfaces déjà artificialisées dépasse théoriquement 100 GW à l’échelle nationale : un gisement encore largement sous-exploité.
Le solaire français avance vite, mais de façon inégale selon les profils. Pour les entreprises, agriculteurs et collectivités, les leviers restent nombreux. Pour les particuliers, mieux vaut prendre le temps de s’informer sur les aides encore disponibles avant d’engager des travaux.

