MaPrimeRénov' : comment ça marche et comment déposer votre dossier en 2026 ?

Financer une rénovation énergétique est souvent le principal frein pour les propriétaires qui souhaitent améliorer leur logement. MaPrimeRénov’, versée par l’ANAH, reste l’aide publique la plus accessible pour y répondre. Mais le dispositif a connu des changements importants en 2025, entre suspension temporaire, réouverture partielle et nouvelles conditions d’accès. Voici ce qu’il faut savoir avant de se lancer.

Un dispositif remanié en profondeur depuis septembre 2025

Après une interruption pour les rénovations d’ampleur depuis le 15 mai 2025, la plateforme de l’ANAH a rouvert ses portes le 30 septembre 2025. L’engouement a été immédiat : environ 150 000 connexions ont été enregistrées dans les deux premières heures. Ce chiffre illustre bien à quel point les propriétaires attendaient la reprise.

Les nouvelles règles sont toutefois plus sélectives. Pour accéder au parcours rénovation d’ampleur, le logement doit désormais être classé E, F ou G au DPE. La priorité est donnée aux ménages très modestes. Un quota de 13 000 dossiers acceptables a été fixé jusqu’à fin 2025, ce qui laisse peu de marge. Le bonus de 10 % pour sortie de passoire énergétique, lui, a disparu.

Les plafonds de travaux subventionnables ont également évolué : jusqu’à 30 000 € pour un gain d’au moins deux classes énergétiques, et jusqu’à 40 000 € pour trois classes ou plus. Le taux de subvention est désormais calculé uniquement selon le profil de revenus du foyer.

Pour comprendre en détail les étapes de constitution du dossier, ce guide complet sur ma prime renov détaille la procédure de façon claire et pratique.

Qui peut en bénéficier, et à quelle hauteur ?

MaPrimeRénov’ s’adresse aux propriétaires d’un logement de plus de 15 ans (ou 2 ans dans le cas d’un simple changement de système de chauffage), occupé comme résidence principale. Le montant de l’aide varie entre 15 et 75 €/m² selon les revenus et le type de travaux réalisés.

Le barème repose sur quatre profils, identifiés par une couleur. Les foyers très modestes (catégorie bleue) peuvent bénéficier d’une prise en charge allant jusqu’à 90 % des dépenses éligibles. Les foyers modestes (jaune) peuvent atteindre 75 %. Les profils violet et rose, correspondant aux revenus intermédiaires et aisés, ont accès à des taux plus faibles, avec des plafonds renforcés pour les ménages les mieux dotés.

La catégorie applicable dépend du revenu fiscal de référence de l’année N-1 et de la localisation du logement (Île-de-France ou autre région). Les plafonds de revenus ont été revalorisés d’environ 1 % en 2025 pour tenir compte de l’inflation.

MaPrimeRénov’ est par ailleurs cumulable avec les certificats d’économie d’énergie (CEE), l’éco-PTZ et les aides locales. Pour les foyers modestes, le financement global peut atteindre 90 % du montant des travaux.

La procédure à suivre, et les erreurs à ne pas commettre

La démarche suit un ordre précis. Première étape : vérifier son éligibilité en consultant les plafonds de revenus de l’ANAH selon la composition du foyer. Ensuite, obtenir un devis auprès d’un artisan Reconnu Garant de l’Environnement (RGE), dont la qualification peut être vérifiée sur france-renov.gouv.fr.

L’étape critique vient juste après : la demande doit être déposée sur la plateforme de l’ANAH avant de signer le devis et de débuter les travaux. Tout dossier soumis après le commencement du chantier sera automatiquement rejeté. C’est l’erreur la plus fréquente, et la plus coûteuse.

Une fois les travaux réalisés, il suffit de soumettre les factures et, selon les cas, un diagnostic post-travaux pour déclencher le versement. Pour les rénovations globales, un accompagnateur agréé par l’État (Mon Accompagnateur Rénov’) est obligatoire : il assure le suivi administratif et technique du projet de bout en bout.

Quelques points méritent une attention particulière. Les chaudières à gaz ne sont plus financées depuis le 1er janvier 2025. Les aides pour le chauffage au bois ont baissé d’environ 30 % cette même année. Et si le DPE est déjà obligatoire pour le parcours rénovation d’ampleur, son extension au parcours par geste est envisagée à partir de 2026.